Le sidepull est l’ennasure sans mors la plus simple à comprendre : une muserolle posée sur le chanfrein, deux anneaux latéraux pour attacher les rênes, et une action directe, sans effet de levier. C’est souvent l’outil par lequel on commence l’équitation sans mors, parce qu’il reproduit une logique de contact proche de celle d’un licol bien ajusté. Cet article explique comment le sidepull agit réellement sur la tête du cheval, en quoi il se distingue du hackamore et des autres systèmes bitless, comment le choisir et l’ajuster, et comment conduire une transition progressive vers le sans-mors. Pour la partie strictement réglementaire en concours, notre guide des réglementations FFE et FEI du sans-mors en dressage détaille ce qui est autorisé discipline par discipline.
Qu’est-ce qu’un sidepull, concrètement
Un sidepull est un bridon sans mors composé d’une têtière, d’une muserolle ferme posée en travers du chanfrein, d’une sous-gorge (ou sous-auge) et de deux anneaux fixés latéralement de chaque côté de la muserolle, sur lesquels viennent s’attacher les rênes. Le nom anglais dit l’essentiel : side pull, « traction sur le côté ». Quand la rêne droite se tend, la muserolle exerce une pression sur le côté droit du nez et oriente la tête du cheval vers la droite ; relâcher la rêne supprime aussitôt la pression.
Le point central, c’est l’absence d’effet de levier. Le sidepull transmet l’action de main dans un rapport proche de 1:1, contrairement au hackamore mécanique dont les branches multiplient la force exercée. C’est ce qui en fait l’ennasure la plus lisible pour le cheval : la cause (tension de rêne) et l’effet (pression sur le nez) sont directs, et le relâchement est immédiat dès que la main cède. Cette clarté est précisément ce que l’on recherche quand on apprend à un cheval à répondre à un contact sur le chanfrein plutôt que dans la bouche.
Un sidepull n’est pas un licol de travail bricolé avec des rênes. La muserolle est conçue pour rester stable et répartir la pression sur l’os du nez ; un simple licol plat, plus mobile, délivre des pressions mal localisées et tourne facilement sur la tête. La géométrie de l’ennasure et la qualité de l’ajustement font toute la différence.
Comment agit la pression : chanfrein contre bouche
Pour comprendre l’intérêt et les limites du sidepull, il faut regarder où s’applique la pression. Avec un mors, l’action porte sur la bouche : barres, langue, commissures des lèvres. Le cheval dispose d’un certain contrôle : la langue peut momentanément dévier ou amortir une partie des forces. Avec une ennasure, la pression porte sur l’extérieur de la tête, principalement le chanfrein. Le cheval ne peut pas se soustraire à une main dure autrement qu’en levant ou en secouant la tête.
Autrement dit, quel que soit l’outil, c’est la main du cavalier qui détermine le confort du cheval, pas la nature de l’embouchure ou de l’ennasure. Une main lourde sur un sidepull peut être plus inconfortable qu’une main fine sur un mors, et inversement. Le sidepull n’est pas une solution magique au mal-être : c’est un autre support de communication, dont l’innocuité dépend entièrement de l’éducation et de la qualité du contact.
Ce qu’en dit réellement la science
Contrairement à une idée largement répandue, il n’existe à ce jour aucun consensus scientifique établissant que l’équitation sans mors serait, en soi, plus respectueuse ou plus confortable que le mors. La littérature est contradictoire. Des travaux anciens (Cook et Mills, sur un très petit échantillon, qualifiés de préliminaires par leurs auteurs) ont rapporté moins de comportements de conflit en sans-mors. Mais des recherches plus récentes publiées dans le Journal of Veterinary Behavior en 2021 ont au contraire mesuré des pressions nettement supérieures sur les os du nez sous certains modèles sans mors : un pic jusqu’à environ +147 % avec un sidepull et +109 % avec un cross-under, comparé à un filet simple, à conditions de monte équivalentes.
La conclusion utile n’est donc pas « le sans-mors est meilleur » ni « le mors est meilleur », mais que la question relève de l’individu plutôt que de l’espèce. Un bridle fitter ou bitfitter peut conduire une séance de test pour déterminer quel outil convient le mieux à un cheval donné. Sur la réglementation et le confort respectif des deux familles, notre article filet et bridon sans muserolle : confort équin ou simple tendance ? pose le débat sur la pression faciale.
Sidepull, hackamore, bitless, licol éthologique : le comparatif
« Sans mors » regroupe des outils très différents par leur mécanique. Les confondre conduit aux mauvais choix et aux mauvais gestes. Voici les quatre familles les plus courantes et ce qui les distingue.
Sidepull
Pression directe sur le chanfrein, pas d’effet de levier, action 1:1. Le plus clair et le plus simple à comprendre pour le cheval. Idéal pour le travail à deux mains, la décontraction, la mise en avant et la rectitude. C’est l’ennasure de référence pour débuter le sans-mors.
Hackamore mécanique
Branches latérales qui créent un effet de levier : plus les branches sont longues, plus l’action de main est démultipliée. La pression se cumule sur le nez, le menton (via la gourmette) et la nuque, sur un principe proche d’un mors de bride. La tension des rênes ne doit jamais être continue. C’est un outil exigeant, à réserver aux cavaliers à la main confirmée. À ne pas confondre avec le hackamore bosal western, qui fonctionne sans levier.
Bitless bridle (cross-under)
Des sangles se croisent sous la mâchoire et enserrent l’ensemble de la tête : le système agit par « enveloppement ». Son inconvénient connu est un relâchement parfois lent ou partiel sous la mâchoire, donc une action moins lisible : la pression ne disparaît pas toujours instantanément quand la main cède.
Licol éthologique (en corde)
Avant tout un outil de travail au sol. Les nœuds délivrent des pressions très localisées, le système est plus mobile et moins stable qu’un sidepull, et il appelle des actions ponctuelles plutôt qu’un contact suivi. Utilisable monté pour de la familiarisation, mais peu précis pour un travail monté régulier.
| Outil | Mécanisme | Effet de levier | Clarté pour le cheval | Usage privilégié |
|---|---|---|---|---|
| Sidepull | Pression directe sur le chanfrein | Non (1:1) | Très élevée | Débuter le sans-mors, travail monté à deux mains |
| Hackamore mécanique | Levier nez + menton + nuque | Oui, marqué | Faible si main non confirmée | Cavalier expérimenté, action ponctuelle |
| Bitless cross-under | Enveloppement croisé sous la tête | Non, mais cumul de pressions | Moyenne (relâchement parfois lent) | Loisir, cheval déjà habitué |
| Licol éthologique | Pressions localisées par nœuds | Non | Variable, peu stable monté | Travail au sol, familiarisation |
Bien choisir son sidepull
La conception et l’ajustement font le confort et la précision. Voici les points à vérifier avant l’achat, puis au moment du réglage.
La muserolle
- Elle doit reposer sur la partie osseuse du chanfrein, environ deux doigts (à peu près 2 cm) sous l’apophyse zygomatique, la pommette.
- Plate et suffisamment épaisse pour répartir la pression : éviter le cuir rond ou la corde, qui concentrent l’appui sur une ligne étroite.
- Trop basse, elle empiète sur la zone cartilagineuse molle du nez et peut gêner la dilatation des naseaux, donc la respiration ; trop haute, elle perd en efficacité et frotte la pommette.
- Une muserolle rembourrée (mouton, cuir doublé) améliore le confort sur la zone d’appui, à condition de ne pas la serrer pour compenser un mauvais positionnement.
Le matériau : pourquoi le cuir
Un sidepull en cuir pleine fleur de qualité offre une muserolle ferme mais qui se patine et épouse progressivement la morphologie du cheval, là où une muserolle synthétique reste raide ou, à l’inverse, trop molle. Le cuir bien entretenu dure des années, ne marque pas la peau comme certaines sangles synthétiques et vieillit en gardant sa tenue. Sur le détail des qualités de cuir et de leur entretien, notre guide des finitions du cuir équestre donne les repères d’achat.
La têtière et les zones sensibles
La têtière doit être adaptée à la morphologie du cheval et dégager les zones sensibles, en particulier le passage des nerfs faciaux et la base des oreilles. Une coupe anatomique, dégagée à la nuque, limite les points de pression. C’est un critère qui compte d’autant plus en sans-mors que toute l’action se transmet par la tête, sans relais par la bouche.
La sous-auge
Elle ne doit pas être serrée, mais ajustée pour empêcher la rotation du sidepull sur la tête. Une sous-auge trop lâche laisse l’ennasure pivoter sous la traction d’une rêne ; trop serrée, elle gêne sans rien apporter.
Montants et attaches de rênes
- Éviter toute bouclerie au contact direct de la peau de la tête.
- Privilégier une attache de rêne située à l’intersection entre la muserolle et le montant : c’est le point qui donne le plus de stabilité et la transmission la plus nette.
Règle des deux doigts pour le serrage : une fois la muserolle bien positionnée, on doit pouvoir glisser deux doigts à plat entre la muserolle et l’os nasal. Plus serré, on contraint le cheval en permanence et on perd l’intérêt du sans-mors ; plus lâche, l’ennasure tourne et brouille les aides.
Les apports du sidepull, et à qui il convient
Bien utilisé, le sidepull présente des apports concrets : respect total de la bouche, transition douce pour les chevaux jeunes ou sensibles, aides claires pour le cavalier (surtout à deux mains), et un terrain favorable au travail de la décontraction, de la mise en avant et de la rectitude. Encore faut-il qu’il corresponde au cheval et au projet.
- Jeune cheval au débourrage : pendant le renouvellement dentaire (autour de 3 à 4 ans), la bouche est particulièrement sensible. Le sidepull permet d’éduquer aux aides sans solliciter une bouche en pleine évolution.
- Cheval avec une sensibilité ou une pathologie buccale : lésions, problèmes dentaires, anciennes douleurs. Le sidepull soulage le contact buccal, mais ne traite pas la cause ; un cheval qui refuse le mors doit d’abord être examiné par un vétérinaire ou un dentiste équin.
- Loisir et balade : pour une équitation détendue, fondée sur le poids du corps et l’assiette autant que sur la main.
- Endurance : discipline où le sans-mors est admis et où le confort sur de longues distances prime.
À l’inverse, le sidepull n’est pas adapté à un cheval très fort ou peu éduqué que l’on chercherait à « tenir » par la force : sans effet de levier, il ne compense pas un défaut de mise en main, et la solution n’est jamais de serrer davantage la muserolle.
Réussir la transition vers le sans-mors
Passer d’une embouchure à une ennasure demande un temps d’adaptation au cheval comme au cavalier. L’objectif est de transférer le langage des aides : que le cheval réponde d’abord à la posture, à l’assiette et aux jambes, la main n’intervenant qu’en complément. Voici une progression type, à franchir étape par étape, sans calendrier imposé.
- Travail au sol : familiarisation au licol plat, puis à l’outil choisi. Le cheval apprend à céder à une pression sur le chanfrein et à la suivre.
- Premières séances montées en lieu clos : carrière ou manège. Transitions, cercles, arrêts. On recherche une réponse fine à la posture du cavalier, l’usage des mains restant un code secondaire.
- Consolidation sur le plat : on affine le contact, on installe la rectitude, on commence éventuellement l’obstacle quand la réponse est stable.
- Sorties extérieures : uniquement lorsque la réponse du cheval est légère et constante en milieu connu. L’extérieur introduit des sollicitations nouvelles qui demandent un contrôle déjà acquis.
La durée varie de quelques semaines à plusieurs mois selon le cheval et son éducation préalable aux aides de poids et de jambe. On ne passe à l’étape suivante que lorsque la précédente est acquise, jamais par impatience. La morphologie du cheval et l’ajustement de l’équipement jouent ici un rôle direct sur la qualité du contact.
Le sidepull en compétition : ce qui change en 2026
La réglementation a évolué et mérite d’être citée précisément. Le règlement de Dressage FFE 2026 a ouvert la monte sans mors (sidepull, licol corde, cordelette selon le niveau) à certaines épreuves Club, Amateur et Pro, ce qui constitue un tournant par rapport aux années précédentes. Le hackamore, lui, reste interdit en dressage. Le sans-mors est par ailleurs admis de longue date en TREC, en endurance, en équitation de travail et en compétitions poney ; en concours complet, le mors reste exigé.
Au niveau international, la FEI impose un mors en dressage : le sans-mors y reste interdit. Il est en revanche autorisé en endurance FEI. Ces règles évoluant régulièrement et différant selon la discipline et le niveau, vérifiez toujours le règlement FFE en vigueur l’année de votre engagement. Le détail complet figure dans notre guide des réglementations FFE et FEI du sans-mors en dressage.
Entretenir son sidepull en cuir
Un sidepull en cuir se soigne comme toute briderie. La muserolle, en contact direct avec la sueur et la poussière du chanfrein, est la zone la plus sollicitée.
- Nettoyage : savon glycériné après les séances salissantes ou par temps humide. Il nettoie et nourrit légèrement le cuir.
- Nourrissage : baume ou graisse adaptée à intervalles réguliers, pour sceller les pores, protéger des frottements et préserver la souplesse. Espacer les soins sur un cuir à finition protégée, les rapprocher sur un cuir pleine fleur peu protégé.
- À éviter : faire sécher au radiateur ou en plein soleil (craquelures), surcharger en graisse (assombrissement durable, perte de respirabilité), utiliser des produits ménagers non adaptés.
La procédure détaillée par type de cuir figure dans notre guide des finitions et de l’entretien du cuir équestre.
Trois idées reçues sur le sidepull
« Le sans-mors, c’est forcément plus doux. » Faux en l’état des connaissances : la science ne tranche pas, et certaines ennasures exercent des pressions faciales supérieures à un mors. C’est la main qui fait la douceur.
« On ne peut rien faire de précis en sidepull. » Inexact. Un cheval bien éduqué aux aides de poids et de jambe répond avec une grande finesse en sidepull. La précision ne vient pas de l’outil mais du transfert de langage entre cavalier et cheval.
« Le sidepull remplace une mise en main défaillante. » Non : sans effet de levier, il ne « tient » pas un cheval. Sur un cheval insuffisamment éduqué, il révèle les lacunes plutôt qu’il ne les masque, ce qui en fait justement un bon outil de travail de fond.
Le choix SmartWag : des sidepulls cuir pensés pour l’anatomie
Les sidepulls SmartWag allient ergonomie, esthétique et confort. Conçus pour respecter l’anatomie du cheval, ils offrent une communication claire et stable grâce à une muserolle ferme et plate, des réglages multiples et un cuir pleine fleur qui se patine à l’usage. Trois modèles couvrent les besoins, du travail quotidien à la pièce de présentation, chacun personnalisable avec gravure offerte.
Questions fréquentes
Le sidepull est-il vraiment plus doux qu’un mors ?
Pas automatiquement. Il n’existe aucun consensus scientifique établissant que le sans-mors serait, en soi, plus respectueux qu’un mors. Les travaux sont contradictoires : si certaines études anciennes rapportent moins de comportements de conflit, des recherches plus récentes (Journal of Veterinary Behavior, 2021) ont au contraire mesuré des pics de pression nettement supérieurs sur les os du nez sous certains modèles sans mors, jusqu’à +147 % pour un sidepull comparé à un filet simple. Le confort du cheval dépend bien davantage de la justesse de la main et du réglage de l’ennasure que de la simple présence ou absence d’un mors.
Quelle différence entre un sidepull, un hackamore et un bitless cross-under ?
Le sidepull agit en pression directe sur le chanfrein, sans effet de levier : c’est l’outil sans mors le plus simple et le plus clair, proche d’un licol bien ajusté. Le hackamore mécanique agit par effet de levier via ses branches, ce qui démultiplie l’action de main et interdit toute tension continue. Le bitless cross-under enserre l’ensemble de la tête par des sangles qui se croisent sous la mâchoire, et son relâchement de pression est parfois moins immédiat, donc moins lisible pour le cheval.
Où doit se placer la muserolle d’un sidepull ?
Sur la partie osseuse du chanfrein, environ deux doigts (à peu près 2 cm) sous l’apophyse zygomatique, la pommette. Jamais plus bas, où elle empièterait sur la zone cartilagineuse molle du nez et pourrait gêner la dilatation des naseaux et donc la respiration. La règle des deux doigts vaut aussi pour le serrage : on doit pouvoir glisser deux doigts entre la muserolle et l’os nasal.
Le sidepull est-il autorisé en compétition FFE ?
Le règlement de Dressage FFE 2026 a ouvert la monte sans mors (sidepull, licol corde, cordelette selon le niveau) à certaines épreuves Club, Amateur et Pro ; le hackamore, lui, reste interdit en dressage. Le sans-mors est aussi admis en TREC, endurance, équitation de travail et en compétitions poney. Au niveau international, la FEI impose en revanche un mors en dressage. Ces règles évoluant régulièrement, vérifiez toujours le règlement FFE en vigueur de votre discipline.
Combien de temps prend la transition vers le sans-mors ?
Il n’y a pas de durée fixe : tout dépend du cheval, de son éducation et de la régularité du travail. La progression se fait par étapes, du travail au sol aux premières séances montées en lieu clos, puis à la consolidation sur le plat et enfin aux sorties extérieures. On passe à l’étape suivante uniquement quand la réponse du cheval est légère et constante, jamais sur un calendrier imposé. Compter de quelques semaines à plusieurs mois pour un cheval déjà bien éduqué aux aides de poids et de jambe.
À quelle fréquence entretenir un sidepull en cuir ?
Un nettoyage au savon glycériné après les séances salissantes et un nourrissage régulier du cuir au baume ou à la graisse suffisent à préserver souplesse et longévité. Le savon glycériné nettoie et nourrit légèrement, le baume scelle les pores et protège des frottements de la sueur. Espacez les soins en finition protégée, rapprochez-les sur un cuir pleine fleur peu protégé ou en période humide.
Les sidepulls SmartWag : cuir pleine fleur, gravure offerte
Choisir le sidepull, c’est choisir une équitation fine, où le contrôle repose d’abord sur l’éducation et les aides de poids, et où le matériel n’est qu’un support. Encore faut-il un support de qualité : muserolle ferme et bien dimensionnée, cuir pleine fleur qui dure, réglages multiples pour un équilibre parfait. Les sidepulls SmartWag sont fabriqués en cuir pleine fleur, testés en conditions réelles, et personnalisés avec gravure offerte. Découvrez les trois modèles du catalogue :
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